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70ème anniversaire de la libération des camps d'Auschwitz-Birkenau

 
 
70ème anniversaire de la libération des camps d'Auschwitz-Birkenau

27 janvier 1945, le camp d'Auschwitz est libéré. 27 janvier 2015, lors de la journée en mémoire des victimes de l'holocauste, une cérémonie était organisée dans l'ancienne prison des Nazis à Montluc dans le 3e arrondissement. 

Une centaine de jeunes des lycées et collèges Gilbert Dru, Ampère, Louis Aragon de Lyon et Givors étaient présents et notamment à la préfecture où une exposition sur « Les juifs de France dans la Shoah » était présentée.

Une exposition inaugurée par le Préfet Carenco qui a rappelé que 70 ans après la libération d'Auschwitz, la présence de ces jeunes est essentielle : « C’est vous qui devez apprendre cette histoire, vous qui devez écouter ces voix qui ne faiblissent pas, vous qui devez visiter ces vestiges d’un passé ignoble où s’est déroulé l’inacceptable »

Vous trouverez ci-après le discours que le Préfet Carenco a prononcé à cette occasion :

«  Partout où dans le monde, on bafoue les libertés fondamentales de l’homme et son droit à l’égalité, on glisse rapidement vers le système concentrationnaire et c’est une pente sur laquelle il est difficile de s’arrêter. » Ainsi s’exprime Primo Lévy en 1976, dans l’introduction à l’édition scolaire de son ouvrage « si c’est un homme. »

Notre présence à tous, ici, aujourd’hui, doit résonner comme un geste fort de vigilance, comme une volonté farouche de ne pas oublier cette page terrible et ignoble de notre histoire européenne.

Ici, à Montluc, où tant d’hommes, de femmes, et d’enfants sont partis pour être déportés à Auschwitz, où la plupart ont été exterminés.

Ici, à Montluc, où la Gestapo de Klaus Barbie faisait régner sur les prisonniers résistants, juifs, otages, la terreur nazie et les horreurs de la torture, de l’humiliation, de la déshumanisation en bafouant les droits les plus élémentaires dus à chaque homme et à chaque femme.

Ici, à Montluc, où les derniers rescapés viennent pour témoigner inlassablement de ce qu’ils ont vécu, pour dire au monde, pour reprendre les mots de Simone Veil « la barbarie poussée à son paroxysme ».

Qu’ils soient humblement et chaleureusement remerciés.

70 ans après la libération d’Auschwitz, c’est votre présence qui compte, jeunes collégiens et lycéens, vous qui devez savoir ce qui c’est passé. C’est vous qui devez apprendre cette histoire, vous qui devez écouter ces voix qui ne faiblissent pas, vous qui devez visiter ces vestiges d’un passé ignoble où s’est déroulé l’inacceptable.

Je tiens à saluer votre présence ici, jeunes filles et jeunes gens, car c’est à vous qu’appartient le défi de l’avenir : j’ai suivi les travaux des lycéens de Givors sur la mémoire de la Shoah, je sais qu’à Gilbert Dru, vous avez reçu Claude Bloch qui vous a dit ce qu’il a vécu à Auschwitz. A Ampère, une cérémonie semblable à celle-ci réunit cet après-midi les lycéens. Tout ce travail très intelligent prouve que la mémoire de la Shoah ne s’efface pas et je remercie bien sincèrement vos enseignants ainsi que les autorités académiques et rectorales.

Mais les attentats des dernières semaines nous prouvent que le feu n’est pas éteint et que notre vigilance doit être intraitable : le racisme, l’antisémitisme prospèrent sur l’ignorance, le fanatisme et l’intolérance. Des espaces comme Montluc, autrefois vouer à la souffrance et à la mort, sont aujourd’hui des lieux de réflexion et du dialogue ; c’est en expliquant inlassablement le passé, en le montrant, qu’on écarte les nuages et les orages qui menacent l’avenir.

Sachons être responsables de ces valeurs précieuses que nous ont transmis nos parents et qui fondent notre démocratie et notre république : La Liberté, l’Egalité et la Fraternité.

C’est ainsi que vous incarnerez chaque jour dans votre vie de citoyen, ces valeurs démocratiques qui, le rappelle Simone Veil, « puisent leurs racines dans le respect le plus absolu de la dignité humaine » et constituent le bien le plus précieux que les anciens déportés ont souhaité nous léguer.

Soyez dignes de cet héritage qui vous oblige et vous honore et fait de vous les citoyens d’un pays conscient de ses devoirs et de ses responsabilités, d’une France fondatrice des droits de l’homme et du citoyen et qui continue à incarner ces valeurs essentielles aux yeux du monde.