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50e anniversaire du Centre International de Recherche sur le Cancer

 
50e anniversaire du Centre International de Recherche sur le Cancer

Michel DELPUECH, Préfet de la région Rhône-Alpes et du Rhône, était présent aux cérémonies du 50e anniversaire du Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) à l'hôtel de Ville de Lyon.

Accompagné de Gérard Collomb, Sénateur Maire de Lyon, Jean-Jack Queyranne, Président du Conseil Régional, ainsi que de Son Altesse Royale la Princesse Lalla Salma du Maroc et Son Altesse Royale la Princesse Dina Mired de Jordanie, il a prononcé un discours que vous pouvez consulter ici :

Votre Altesse Royale, Princesse Lalla Salma du Maroc,

Votre Altesse Royale, Princesse Dina Mired de Jordanie,

Monsieur le Sénateur maire de Lyon,

Monsieur le Président du Conseil Régional Rhône-Alpes,

Monsieur le Secrétaire général du Quai d'Orsay, représentant le ministre des Affaires étrangères et du Développement international M. Laurent Fabius,

Monsieur le Président du Conseil de direction du Centre International de Recherche contre le Cancer

Monsieur le Directeur général adjoint de l'Organisation Mondiale de la Santé

Monsieur le Directeur du Centre International de Recherche sur le Cancer,

Madame la Présidente de l'Institut national du Cancer,

Mesdames et Messieurs,

Il est parfois des hasards de calendrier fâcheux. Mais il en est d’autres, fort heureusement, qui sont d’excellent augure ! Et tel est bien le cas aujourd'hui.

La commémoration du 50ème anniversaire du Centre International de Recherche sur le Cancer ne pouvait en effet tomber mieux, quatre jours seulement après que le Premier ministre, en visite à Lyon, ait annoncé ici-même que l'Etat, aux côtés de la Région et de la Métrople de Lyon, accorderait 17 millions d'euros au Centre pour son nouveau siège.

Plus qu'un heureux hasard, cette concomitance traduit un engagement fort de la France en faveur de la lutte contre le cancer et en soutien du Centre International de Recherche sur le Cancer.

Je ne puis, de ce point de vue, que me féliciter de la confirmation du choix de Lyon pour la réimplantation du siège du Centre, de surcroît au coeur du bio-district de Gerland, dans le voisinage des laboratoires et centres de recherche d'excellence de la Métropole de Lyon. Bref dans une ville et une métropole qui sont à la pointe des politiques publiques de réponse au CANCER, comme en témoigne le dynamisme du Cancéropole Lyon Auvergne Rhône-Alpes, déjà conçu à l’échelle de notre future grande région.

Mesdames et Messieurs,

"Le cancer est le mal de notre siècle" a pu dire un éminent chercheur engagé dans la lutte contre ce qu'il faut bien appeler un fléau de nos sociétés.

S'il en fallait une preuve, qu'il suffise de rappeler qu'il n'est, depuis longtemps déjà, guère de famille qui ne soit concernée par l'affection d'un cancer de l'un des siens ou de ses proches.

Face à ce défi qui ne connaît ni répit ni frontières, et frappe les contrées pauvres comme les pays riches, il était juste que la communauté internationale unisse ses efforts pour mettre en place une politique publique de santé exemplaire. C'est ce qu'elle a fait dès 1965, à l'initiative d'un groupe de pays en tête desquels on trouve la France, pour donner naissance au Centre International de Recherche sur le Cancer.

Dès 1948, avec la création de l'OMS, les "nations unies" avaient entendu ériger la santé au rang des grandes priorités de la coopération internationale, à côté de la paix. Moins de vingt ans plus tard, avec la mise en place du Centre International de Recherche sur le Cancer, c'est à la déclinaison concrète et ciblée de cette politique que l'on assiste.

La vocation de ce centre n'était pas de se lancer dans la recherche clinique, conduite ailleurs, mais bien plutôt de prendre à bras le corps ce phénomène médical et social, de le regarder en face, afin d'en comprendre les causes, de proposer des stratégies de lutte contre ce mal et de soutenir leur mise en oeuvre, en particulier dans les pays les plus démunis.

"Prévention", "dépistage précoce", "information", "formation des chercheurs de demain" : tels sont quelques-uns des maître-mots du C.I.R.C. dans la mise en oeuvre de sa politique au service des "populations", et d'abord de celles des Etats qui en ont le plus besoin, je veux dire les «pays à faible revenu», mal armés pour mettre en place des politiques publiques de la santé efficaces.

Mesdames et Messieurs,

Il était naturel que la France s'engage dans ce combat comme elle l'a fait et apporte, depuis le tout début, un soutien déterminé au Centre International de Recherche sur le Cancer, en proposant de l'accueillir sur son territoire, ici à Lyon.

D'abord parce que cette entreprise vient d'une certaine manière illustrer la devise de la République, "Liberté, égalité, fraternité". Car peut-on vraiment parler de liberté quand cette maladie si redoutée frappe aveuglément et vient ravager la vie des individus et des familles ? Peut-on concevoir une politique publique de lutte contre le cancer qui ne soit guidée par le souci d'égalité entre ses bénéficiaires ? Peut-on, enfin, envisager une démarche de cette exigence sur la scène internationale sans faire appel à la fraternité des temps modernes, la solidarité ?

En second lieu, la France ne pouvait qu'agir comme elle l'a fait en raison de la place qu'elle accorde à la santé dans la mise en oeuvre de sa politique gouvernementale, ce depuis toujours.

De fait, avant même que les Nations Unies ne créent l'OMS, voyait le jour en France ce qui est peut-être devenu le ciment social le plus fort de notre pays, la Sécurité sociale, instituée par ordonnances du Général de Gaulle d'octobre 1945.

Et ce n'est pas le fait du hasard si les comparaisons internationales classent aujourd'hui notre système de santé parmi les tout premiers au monde, la lutte contre le cancer pouvant sans doute être considérée comme l'un de ses principaux pôles d'excellence.

Enfin, la France n'a cessé de s'engager, dans toutes les organisations internationales auxquelles elle est partie, en faveur d'une politique d'aide au développement ambitieuse, où la santé revêt un rang de priorité élevé.

Autant de raisons, donc, pour la France d'apporter, dès l'origine, son soutien au Centre International de Recherche sur le Cancer.

Mesdames et Messieurs,

En proposant d'accueillir à Lyon ce Centre et de faire bénéficier celui-ci des atouts de cette métropole, la France inscrivait alors sa décision dans le cadre d'une ambitieuse politique d'aménagement du territoire visant au renforcement des régions, prélude à une politique de décentralisation qui ne portait pas encore ce nom.

Cinquante ans plus tard, tout prouve que l'implantation à Lyon du Centre International de Recherche sur le Cancer fut une réussite, ce que l'on appelle aujourd'hui une opération "gagnant-gagnant", initiant un mouvement qui se poursuivra avec le transfert sur les bords du Rhône, quelques années plus tard, d'Interpol puis d'Euronews, contribuant à donner à la métropole lyonnaise son envergure internationale.

Mesdames et Messieurs,

Au nom du gouvernement français, je souhaite féliciter le Centre International de Recherche sur le Cancer pour le chemin parcouru au cours de ces cinquante années, exprimer mes remerciements à toutes celles et tous ceux qui ont contribué à son succès, l'assurer que la France continuera à lui apporter tout le soutien dont il a besoin et je forme le voeu que nombreux soient les Etats qui, à la faveur de cet anniversaire, décident de rejoindre le Centre International de Recherche sur le Cancer pour apporter leur concours à une entreprise qui le mérite ô combien.

Je vous remercie de votre attention.